Loulou

La Baule, 27 juillet 2017

Neuf jours que tu t’es échappé. Le quotidien était doux, tranquille, très prévisible, rythmé par tes deux repas quotidiens, tes siestes et tes promenades juste à côté de la maison. C’était rassurant, cette façon rituelle et drôle d’entrer en contact à chaque retrouvaille. J’aimais penser à toi dans la journée en sachant exactement où tu étais.

Contre toute attente, il semblait que tu avais bel et bien décidé de prendre ta retraite chez moi, après une longue vie de matou baroudeur et déménageur.

Tu t’es adapté à tout, nouvelle maison, nouveau compagnon, retour de Tibout’ perdu quelques années plus tôt, arrivée des petits-enfants. Tu as tout regardé de tes grands yeux ronds, imperturbablement câlin, gourmand et indépendant.

Tu as assisté à mes révolutions, à mes grandes questions, à mes remue-ménages. Et ce regard était profondément soutenant pour moi, me renvoyant sans cesse à une part de moi-même qui cherchait à m’échapper.

Je suis encore à ce jour dans la phase de l’attente de ton retour, et tout doucement je sens venir l’acceptation de ton absence, comme une évidence qui ne se dévoilera que lorsque je serai totalement prête à l’accueillir.

Seul le lien du cœur nous attache désormais l’un à l’autre, tu n’es même pas tatoué, tu es un chat 100% libre !

Alors, dans quelques jours, quand je serai moi aussi tout à fait prête, contre toute attente et sans crier gare, j’échapperai aux évidences pour inventer un nouveau présent, riche de tous mes trésors. Je poursuivrai ma quête au lieu d’attendre toujours un autre jour.

 

Chapillon

liberté Loulou échappée